CA Paris, Pôle 1-Chbre 3, 9 déc.2020, n°20/05041
La cour d’appel de Paris, statuant en matière de référés, a, dans un arrêt rendu le 9 décembre 2020, considéré que l’exigibilité des loyers courant dû à compter du 11 mars 2020 se heurtait à une contestation sérieuse.
Dans le cadre de cette procédure, le preneur, exploitant une activité de prêt-à-porter, a notamment demandé à la Cour d’appel de bien vouloir retenir, à titre subsidiaire, « la force majeure et dire [qu’il] n’était pas tenu de payer un loyer au titre de la période comprise entre le 17 mars 2020 et le 11 mai 2020 en raison de la période de confinement ».
Il a également été demandé à la Cour de « retenir la force majeure et réduire à 30% l’exigibilité du loyer depuis la crise des gilets jaunes et les grèves de transports, soit depuis le mois d’octobre 2018 à février 2020, annuler le loyer du mois de mars au 11 mai 2020, et réduire à 30% le loyer jusqu’à la fin de la pandémie. »
C’est donc dans ce contexte que la Cour, après avoir rappelé que les effets de la force majeure sont la suspension de l’obligation (et non la réduction de ladite obligation ou la résiliation du contrat), a considéré que « la fermeture totale du commerce [du preneur] dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire et du confinement est susceptible de revêtir le caractère de force majeure, si bien qu’il existe une contestation sérieuse quant à l’exigibilité des seuls loyers courant à compter du 11 mars 2020. »
Étant précisé, qu’aux termes de cet arrêt, la Cour a manifestement écarté la force majeure « s’agissant des manifestations de « gilets jaunes » qui n’ont eu lieu qu’un jour par semaine et de la grève des transports qui n’entravait pas toute liberté d’aller et venir. »
Sans affirmer que la fermeture totale des commerces dans le cadre du confinement constitue un cas de force majeur, la Cour d’appel en conclut qu’il existe une contestation sérieuse quant à l’exigibilité des seuls loyers courant à compter du 11 mars 2020 qu’il appartiendra aux juges du fond de trancher.
Il nous reste à attendre qu’une décision au fond soit rendue…

Fanny Hurreau
auteur
avocate associée
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